"You are Here" 

exposition par Louise Belin, Lauréate du Prix Juvenars IESA 2023

Chaque année nos étudiants en Bachelor 1 Expertise et commerce de l'art organisent de A à Z le Prix Juvenars-IESA. Ce Prix soutient la jeune création. Le lauréat expose l'année suivante dans la galerie de l'IESA. 

C'est Louis Belin, lauréate 2023 qui expose cette année !

Daydreaming. Bedrotting. Shifting. Pour sa première exposition personnelle, Louise Belin nous accompagne dans les dérives improductives de la fatigue mentale et de la paralysie physique. Endormi·e ici et éveillé·e ailleurs ? L’exposition en est-elle pour autant une ôde à nos angoisses ?

Nous invite-t-elle plutôt à les fuir, en s’inventant une réalité désirée ? À partir sans quitter sa chambre ? Son titre nous en assure. You are here est le mantra que se répètent les shifters. Au milieu de la galerie, un semblant de lit, une couette et des oreillers plâtrés disposés en spirale. Sur les murs, six peintures à l’huile sur bois ornées de broderies, comme autant de supports à l’auto-hypnose.

Louise Belin mène des balades hasardeuses dans les tréfonds d’Internet pour glaner des images low quality qui irriguent son répertoire pictural évanescent.

Conduite par cette chasse aux images pauvres et son envie de se dérober au monde, elle scroll. Elle flâne sur des forums où les internautes partagent leur quête de signes de vie extraterrestres. Les photographies nébuleuses, capturées sur Mars par le robot Rover, agissent comme un buvard à ses envies d’ailleurs. C’est la genèse de la série leave>ok.

Les six peintures déclinent ces paysages désorientés par une profondeur réduite à néant. Compressées, pixelisées, elles partagent les qualités des images qu’elles imitent. Les couleurs grisâtres et les surfaces boursouflées des broderies absorbent les motifs. Ne demeurent que des traces fatiguées qui rendent la narration impossible à identifier avec certitude.

Des points d’ancrage, s’ils en sont, piègent notre regard : flèches , cercles rouges, zooms encadrés et autres symboles propres au clickbait. Or, ces signes flottants ne pointent nulle part, sinon le vide d’un monde inhospitalier duquel il faut s’extraire. You are here en est l’issue.