Rencontre avec Auréline Faci, diplômée de l'IESA aujourd'hui freelance dans le spectacle vivant

Diplômée du Mastère en Production et diffusion de spectacle vivant de l’IESA, Auréline Faci travaille aujourd’hui en freelance au croisement de la production, de la mise en scène et de la coordination artistique. Elle nous raconte son quotidien, ses aspirations et ce que sa formation lui apporte sur le terrain.

 

 

Bonjour Auréline, pour commencer, peux-tu te présenter ?

Je suis Auréline Faci, j’ai 25 ans et j’ai terminé le Mastère en Production et diffusion de spectacle vivant à l’IESA en juin dernier. Je travaille actuellement en freelance en tant que chargée de production, assistante à la mise en scène et coordinatrice artistique pour différentes structures, notamment La Neuvième Production, Drag Race France et Vers Paris Sans Sida.

 

À quoi ressemble ton quotidien ?

Le statut de freelance est assez particulier : il n’y a pas vraiment de journée type. Il y a des semaines très intenses et d’autres plus calmes. Certaines missions se font en quelques heures, d’autres peuvent durer plusieurs semaines, comme l’organisation du spectacle Battant·es pour Vers Paris Sans Sida sur lequel j’ai passé un mois. J’essaie d’être toujours prête à répondre à une demande de dernière minute et, peu importe la mission, de travailler au maximum en dehors de chez moi et avec d’autres personnes.

 

Qu’est-ce qui te rend heureuse dans ton métier ?

Ce mode de travail me convient bien, j’aime la liberté qu’offre le freelance et le fait que mon emploi du temps change d’un jour à l’autre. Pouvoir travailler sur des missions variées est très positif : cela me permet de rencontrer de nouvelles personnes, de développer de nouvelles compétences et de découvrir continuellement de nouveaux spectacles.

 

Qu’as-tu découvert dans ton quotidien de travail, sur tes aspirations, sur toi-même ?

J’ai découvert que j’aimais particulièrement travailler en équipe, créer du lien et évoluer aux côtés de personnes qui m’inspirent. Bien s’entourer est, selon moi, essentiel. J’ai aussi appris qu’il faut se faire confiance, sortir de sa zone de confort et qu’on est capable de beaucoup plus de choses qu’on ne le pense. Être sur le terrain me stimule beaucoup, et j’aime toucher à plusieurs aspects du spectacle : mes expériences en régie plateau m’ont autant appris que la production, notamment sur le spectacle Fantasma.

 

Quels aspects de ta formation à l’IESA t’aident à mener à bien tes missions ? Qu’est-ce que tu mets en pratique, par exemple ?

Pendant mes études à l’IESA, les PGR (projets grandeur réelle) ont été particulièrement fondateurs et notamment les cours qui nous aidaient à les concevoir. Réaliser un projet de A à Z en passant par la création d’une association donne confiance en sa capacité à proposer, organiser et défendre un projet. Les bases théoriques, notamment en administration, paie, intermittence ou droit, m’ont également été très utiles.

 

Qu’as-tu particulièrement aimé dans tes études à l’IESA ?

J’ai particulièrement apprécié les cours de culture générale comme musiques actuelles ou encore arts de la scène ainsi que les sorties spectacles qui permettent de découvrir des œuvres vers lesquelles on ne serait pas forcément allé. Le fait de rencontrer des personnes passionnées par les mêmes choses pour entreprendre ensemble est également un des points les plus enrichissants de la formation.

 

Peux-tu nous raconter ton PGR de fin d’études ?

Pour notre PGR de fin d’études, nous avons réalisé Chrysalis, une soirée caritative au Point Éphémère mêlant concert, cabaret et DJ set. C’est un projet que nous avions initié en première année et que nous avons choisi de développer en M2 avec la même équipe. Nous avions imaginé un univers rétro-futuriste et reversé les bénéfices à l’association TIMMY – Team mineur·es exilé·es. La soirée s’ouvrait avec le groupe de rock psychédélique Half Pipe, suivie d’un cabaret avec Mimi, PowerBeautom, Michelle Tshibola et Ruby On the Nail, puis s’est clôturée sur les DJ sets d’Azak et Rozitaa.

 

Un moment marquant dans tes études ?

Assister au festival FTA à Montréal a constitué une opportunité précieuse ! Pouvoir voyager, rencontrer des professionnels, découvrir des spectacles internationaux…

 

Selon toi, quelles qualités ou compétences sont nécessaires pour réussir dans le secteur du spectacle vivant ?

Pour évoluer dans ce secteur, je pense qu’il faut avant tout être curieux⸱se et ouvert⸱e. Aimer le stand up mais aller tester un cabaret, être chargé⸱e de production mais s’intéresser au travail d’un⸱e créateur⸱ice lumière : comprendre le processus de création dans son ensemble est primordial. Il faut également faire preuve d’organisation : ne pas avoir peur de prendre les devants, anticiper au maximum, tout en sachant qu’il y aura toujours des imprévus, sans oublier bien entendu de faire preuve de sang-froid et de solutionner les problèmes de dernière minute avec sérénité.

 

Quels conseils donnerais-tu à un étudiant qui souhaiterait se lancer dans le domaine du spectacle vivant ?

Je lui recommanderais d’échanger avec toute personne travaillant dans ce milieu (production, administration, lumière, son, plateau, habillage, mise en scène, chorégraphie…) et d’écouter les anecdotes qu’elle pourra partager. Je lui conseillerais également d’aller voir un maximum de spectacles (cirque, danse, concerts, cabaret, humour, opéra…) et d’en garder une trace quelque part. Enfin, si iel a une passion pour un domaine du spectacle, quel qu’il soit, je l’encouragerais à oser se lancer : les rencontres et les expériences n’en seront que plus stimulantes.