Rencontre avec Valentin Moreau, diplômé de l'IESA, aujourd'hui assistant des productions pour UGC
Diplômé du Mastère Production et distribution audiovisuelle et cinéma de l’IESA, Valentin Moreau est aujourd’hui assistant des productions chez UGC Images. Il évolue au cœur des projets de films et séries, entre coordination des équipes, financement et mise en œuvre des projets, au plus près de la création.

Bonjour Valentin, pour commencer, peux-tu te présenter ?
Je m’appelle Valentin Moreau. Après une expérience d'ouvrier dans le bâtiment, j'ai repris mes études en BTS MUC, puis une licence en gestion des organisations en alternance. Je me suis ensuite réorienté vers un Mastère en production audiovisuelle à l'IESA. Je suis actuellement assistant des productions en CDI chez UGC Images.
À quoi ressemble ton quotidien ?
J’interviens sur le financement complémentaire, notamment en déposant des dossiers de subventions régionales, ainsi que sur la préparation logistique des productions : recherche de bureaux de préparation, organisation des castings, essais filmés, lectures techniques et avant-premières. Je prends également en charge les volets administratif et social des productions, incluant l’embauche des intermittents, les dérogations de travail et les autorisations de tournage. Par ailleurs, j’assure la gestion des relations avec les prestataires, le déploiement de la stratégie RSE sur les plateaux et l’uniformisation des procédures de fabrication des films et séries. J’évolue au sein d'un service de production exécutive composée de 9 membres, et caractérisée par une forte transversalité. J'articule mes missions entre les services artistique, financier, juridique et les équipes plateaux. Notre service produit entre 15 et 20 films et séries par an.
Es-tu épanoui ? Qu’est-ce qui te rend heureux dans ton métier ?
Oui, tout à fait. Ce qui est stimulant, c’est la diversité des projets, qu’il s’agisse de séries ou de films, avec des sujets, des formats et des diffuseurs variés, ainsi que la réactivité et l’agilité que cela impose au quotidien. J’apprécie également tout particulièrement le volet humain, notamment à travers la gestion des équipes de tournage et les interactions avec mes collègues au sein de mon service.
Qu’as-tu découvert dans ton quotidien de travail, sur tes aspirations, sur toi-même ?
J'ai découvert l'importance d'être au centre de tensions permanentes et d'assumer un rôle de médiation entre les besoins artistiques et les contraintes financières. J'ai aussi réalisé que mon sens pratique et ma rigueur, issus de mon parcours précédent, sont des atouts précieux pour structurer des environnements créatifs parfois désorganisés.
Quels aspects de ta formation à l’IESA t'aident à mener à bien tes missions ? Qu’est-ce que tu mets en pratique, par exemple ?
Le bagage culturel et l'analyse des œuvres sont essentiels pour saisir les références des projets sur lesquels je travaille. Par ailleurs, les cours sur la convention collective et le financement du cinéma ont été cruciaux pour la pratique quotidienne de mon poste. Enfin, le travail en équipe via le PGR (projet grandeur réelle) et les workshops notamment constitue une excellente préparation à cette profession, où la collaboration entre services est permanente.
Qu’as-tu particulièrement aimé dans tes études à l’IESA ?
J’ai apprécié la bienveillance de l’école et la qualité de l’encadrement pédagogique. Le partenariat avec d’autres établissements, comme l’école Cifacom, a également été une expérience marquante : cela nous a permis de collaborer avec de futurs techniciens et de nous confronter concrètement aux réalités du terrain. Enfin, j’ai particulièrement apprécié le fait de recevoir un enseignement dispensé directement par des professionnels du secteur.
Peux-tu nous raconter ton PGR (projet grandeur réelle) de fin d’études ?
Réalisé en binôme avec une autre étudiante, mon PGR consistait en l’organisation d’ateliers de théâtre mensuels au sein d'une association fondée par mon binôme. Ce projet incluait la gestion logistique, administratif et financière de ces ateliers, ainsi que l'organisation de représentations de fin d'année, devant un public, dans un lieu-dit culturel à Bagnolet.
Un moment marquant dans tes études ?
La journée de tournage lors de la réalisation de notre court-métrage en 1ère année, ainsi que l’intervention professionnelle du réalisateur Boris Lojkine, qui a réalisé le long-métrage L'Histoire de Souleymane.
Selon toi, quelles qualités ou compétences sont nécessaires pour réussir dans le secteur, à un poste comme le tien ?
Une maîtrise d'Excel et des logiciels de bureautique. Une grande capacité à gérer le stress, la pression des urgences et des journées de travail intenses. Savoir naviguer dans les réseaux sociaux professionnels, maîtriser les codes de différents milieux, et posséder une fibre commerciale pour convaincre et négocier auprès des prestataires.
Quels conseils donnerais-tu à un·e étudiant·e qui souhaite se lancer dans le domaine du cinéma et de l'audiovisuel, mais qui hésite encore ?
Sur l’aspect artistique, restez curieux : essayez de regarder au minimum 2 films par semaine pour enrichir votre bagage culturel. Développez votre réseau au maximum, car c'est un levier essentiel. À titre d’exemple, un projet est souvent retenu ou soutenu, que ce soit au CNC ou par les régions, parce que vous connaissez un ou des membres de la commission. Enfin, ne visez pas uniquement la production artistique, dont le secteur est saturé. La production exécutive et les fonctions techniques ou opérationnelles des métiers de l’audiovisuel offrent de réels débouchés dans le secteur.