Interview de Maud Franca

Pour la sortie du hors série Connaissance des Arts, sur l'IESA, nous avons rencontré Maud Franca, directrice adjointe du programme d'investissement de l'avenir à la caisse des dépôts en charge de l'économie numérique et de l'innovation. Elle évoque la nature de son partenariat avec l'IESA, notamment son rôle de maraine de l'IESA et l'intérêt d'avoir des incubateurs dédiées aux start-up.

Vous êtes l’une des marraines de l’IESA et vous suivez de très près les pratiques de l’école, notamment l’incubateur, dans le domaine de l’innovation numérique. Pourquoi cette attention particulière ?

Nous avons commencé notre collaboration avec Isabelle Logeais, décédée brutalement en juillet 202, qui était à l’origine, avec Boris Grebille, de l’incubateur. Pour moi, il est important d’avoir des incubateurs dédiés aux startups culturelles. Les artistes et les acteurs culturels ont besoin de plus en plus d’avoir une culture entrepreneuriale et digitale. Permettre à ces projets de se construire sur une double compétence - métier d’une part, digitale et technologique de l’autre – me semble essentiel. Je trouvais très intéressant également que ce projet intègre des écoles, des étudiants, ceux de l’IESA mais aussi des autres établissements du groupe Galiléo. Sans oublier les professeurs qui sont des experts précieux pour les porteurs de projets. Ces liens sont la force de l’incubateur car l’enjeu pour les start-up culturelles est de s’adapter aux nouveaux usages culturels des jeunes générations. L’objectif est aussi de permettre aux étudiants de travailler au service de ces projets innovants et de faire émerger des pépites.

 Quelle est la nature de votre partenariat avec l’IESA ?

Je fais partie, à titre bénévole, du comité de sélection et de l’équipe des mentors de l’incubateur. Nous intervenons pour aider les start-up sur lesquelles nous pouvons avoir un impact. Je suis également membre du Conseil de perfectionnement du CFA de l’école qui souhaite intégrer les innovations dans l’ensemble de ses formations.

Vous êtes membre du Comité French Tech Accélération géré par BPI France qui investit dans des accélérateurs de startups et des startups studio et vous pilotez les actions opérées par la Caisse des Dépôts et Consignations dans la stratégie d’accélération des industries culturelles et créatives. La culture a-t-elle pour vous un rôle moteur dans l’écosystème de l’innovation ?

Oui et c’est un enjeu que je défends. Nous devons créer davantage de ponts entre les écosystèmes de l’innovation et de la culture pour offrir un environnement ouvert aux idées nouvelles, propice aux collaborations des talents, pour développer également nos capacités collectives à inventer de nouveaux imaginaires et à reconnecter les innovations à nos émotions qui sont clés pour inventer les métiers et le solutions de demain. J’ai été nommée parmi les 100 Femmes de Culture, dont l’IESA est partenaire, en 2019, pour le travail accompli dans ce sens avec l’émergence d’acteurs comme le Grand Palais Immersif, Ircam Amplify, la Philharmonie des enfants, etc.

Vous êtes à l’origine du programme French Tech dont l’incubateur de l’IESA est l’un des partenaires, notamment via « La scène by Schoolab », en faveur de la diversité que vous avez cofondé en 2018. De quoi s’agit-il ?

Je trouvais important que l’incubateur de l’IESA puisse intégrer le programme French Tech. Il participe au programme French Tech Tremplin mais est également partenaire de La Scène.

Trois fois par an nous sélectionnons des jeunes issus de la diversité méritante que nous formons pendant six mois à la prise de parole et à l’écriture de leur pitch. Nous leur apportons le réseau et la capacité de présenter leur projet en public.

Nous leur ouvrons nos portes. Un état d’esprit que je partage avec l’IESA !

Le développement de la diversité est un enjeu majeur pour les startups et l’innovation en générale, pour que celle-ci ne contribue pas à creuser les inégalités mais au contraire participe à l’inclusion sociale ; que les services et les progrès qui nous soient proposés soient à l’image de notre population et à ses besoins. Que l’innovation ne cherche pas à imposer un modèle dominant, très réducteur, allant dans le sens du conformisme de masse, peu créateur de valeurs économiques et sociales.